Retour sur le 3ième Carrefour des PAT du 7 juillet 2026 à Tours
Contexte et objectifs du 3ième Carrefour des PAT
Le réseau national des PAT a eu le plaisir d’organiser le 3ième Carrefour des PAT : “Les PAT, leviers de l’opérationnalité – Comment passer en mode action ?” le 7 juillet 2026 à Tours.
Cet événement d’envergure nationale visait à poursuivre la dynamique initiée lors du « 1er Carrefour des PAT : accompagner les changements d’échelles », organisé en juin 2023 à la Cité Universitaire de Paris et poursuivie avec le « 2ième Carrefour des PAT qui a eu lieu sous forme de webinaires les 10 et 11 octobre 2024 » (suite à l’annulation pour « réserve électorale » de l’évènement en présentiel qui devait avoir lieu entre les 2 tours des élections législatives qui ont suivi la dissolution de l’assemblée nationale).
En cette année 2026 marquée par les élections municipales, ce rendez-vous a mis à l’honneur l’impact des PAT et les leviers qu’ils mobilisent pour réussir : Les PAT, leviers de l’opérationnalité – Comment passer en mode action ? Son ambition était de de réunir l’ensemble des acteurs de l’écosystème des Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) : animatrices et animateurs de PAT, élues et élus, acteurs économiques, bureaux d’études, chercheuses et chercheurs, société civile, représentants de l’Etat, pour échanger sur des thématiques en lien avec les PAT. Plénières, place des marchés et ateliers participatifs conçus pour apporter des pistes concrètes et pour permettre rencontres et partages d’expérience.
Près de 240 participants se sont retrouvé à la Cité de la Création et de l’innovation (MAME) de Tours Métropole.
Ci-dessous vous pourrez retrouver les vidéos de la journée qui a été filmée et retransmise en direct notamment pour que les départements et territoires d’outre-mer puissent participer. Vous pourrez également retrouver les supports de présentations et posters de l’évènement.

Tous les éléments du 3ième Carrefour des PAT
Ouverture : Les PAT Leviers d’opérationnalisation

Maud Faipoux du Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire (MAASA)
Intervenants :
- Stéphanie Braconnier, Directrice de la Chambre d’agriculture d’Indre et Loire
- Maud Faipoux, directrice générale de l’alimentation au ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire (MAASA)
- Michaël Chariot, directeur adjoint de la Préfecture de l’Indre-et-Loire,
- Sarah Martin, Cheffe du Service Agriculture, Forêt, Alimentation de l’ADEME
Stéphanie Braconnier, directrice de la Chambre d’agriculture d’Indre et Loire, rappelle que la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire porte depuis 2018 un PAT départemental pour répondre à des enjeux qui dépassent les frontières intercommunales. L’expérience de la filière locale, le Grand Bœuf en est une bonne illustration. Le prochain défi est de changer d’échelle en articulant toujours plus PAT et programme alimentaire départemental.
Michaël Chariot, directeur adjoint de la Préfecture de l’Indre-et-Loire, souligne l’importance du partage d’expériences entre territoires pour identifier les modèles les plus pertinents et insiste particulièrement sur deux enjeux : la contractualisation, indispensable à la pérennité et à la visibilité des acteurs, et la bonne échelle d’intervention des politiques alimentaires.
Maud Faipoux, directrice générale de l’alimentation au MAASA rappelle que les PAT constituent le « dernier kilomètre » de la Stratégie Nationale Alimentation Nutrition Climat (SNANC) qui est sortie en février, permettant d’adapter ses orientations aux réalités, contraintes et ressources propres à chaque territoire. La dynamique PAT est désormais largement déployée avec plus de 450 qui couvrent près des deux tiers de la surface agricole utile française. L’enjeu est maintenant de capitaliser sur cette diversité d’expériences, de passer de l’initiative territoriale à l’action concrète en faveur d’une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous.
Sarah Martin de l’ADEME souligne que l’Agence accompagne désormais les PAT sur l’outillage et tout particulièrement le suivi et l’évaluation afin de mieux mesurer leurs effets environnementaux, sociaux, sanitaires et économiques.
Elle présente la toute dernière étude financée par l’ADEME sur l’impact des PAT. Une étude menée sur cinq PAT montre notamment des retombées économiques importantes grâce aux approvisionnements locaux et à la restauration collective, avec 2 à 5 € de valeur créée pour 1 € investi dans l’animation. Les actions sur la restauration collective produisent également des effets mesurables sur la santé, le gaspillage alimentaire et les émissions de gaz à effets de serre : jusqu’à 8 à 16 € d’économies pour 1 € investi dans l’animation concernant le gaspillage.
Ces résultats fournissent des arguments pour démontrer l’efficacité des PAT et convaincre les élus de poursuivre les investissements. Elle appelle enfin à intégrer davantage l’adaptation au changement climatique dans les PAT, afin d’anticiper ses impacts sur l’agriculture, l’alimentation et l’ensemble des filières.

Sarah Martin de l’ADEME
Table ronde 1 : le cadre, les outils, les échelles d’action
Voir la vidéo d’enregistrement (cf plus haut) directement à la table ronde 1
Intervenants :
- Maud Faipoux, directrice générale de l’alimentation, MAASA
- Temanuata Girard, Vice-Présidente à l’Agriculture et l’alimentation, Conseil Régional de Centre-Val-de-Loire
- Linda Reboux, Directrice des investissements, pôle Environnement, Banque des territoires
Maud Faipoux, du MAASA, souligne l’objectif de la SNANC de 80 % de PAT opérationnels d’ici 2030. Leur légitimité est désormais établie, mais l’enjeu est de passer de financements d’amorçage à des modèles économiques pérennes et diversifiés. L’État accompagne la mise en réseau et l’opérationnalisation des PAT, notamment via le réseau national des PAT et la plateforme ma cantine.
Temanuata Girard de la Région Centre-Val-de-Loire insiste sur le fait que la Région défend une approche transversale de l’alimentation, mobilisant agriculture, santé, économie, culture, éducation et aménagement du territoire, et s’appuie sur les PAT que les contrats de solidarité territoriale, des plans d’action toujours sur 4 ans que la Région signe avec les pays ou les EPCI pour mieux coordonner les acteurs et les politiques publiques appuie. Pour elle, la priorité est à la mutualisation et au partage d’expériences, notamment pour la restauration collective : structuration des filières, massification des approvisionnements et coopération entre territoires plutôt que multiplication de projets similaires.
Linda Reboux de la Banque des Territoires intervient sur trois leviers : conseiller, financer, opérer, pour accompagner l’ingénierie des PAT, financer les infrastructures et soutenir l’innovation, avec une attention particulière aux territoires disposant de moins de moyens.
Pour pérenniser les projets, il faut trouver la bonne échelle économique, favoriser la coopération et mutualiser les outils, notamment pour la transformation et l’approvisionnement de la restauration collective, afin de créer des modèles viables dans la durée.

(de gauche à droite) Maud Faipoux, du MAASA, Temanuata Girard, du Conseil Régional de Centre-Val-de-Loire et Linda Reboux de la Banque des territoires
Table ronde 2 : la mise en œuvre, les leviers, les solutions pour dépasser les freins
Voir la vidéo d’enregistrement (cf plus haut) directement à la table ronde 2
Intervenants :
- Olivia Boyon, animatrice du réseau régional des PAT du Centre Val de Loire (InPACT)
- Clémence Rebourg, géographe, chercheuse à l’INRAE Occitanie-Montpellier
- Nicolas Orgelet, 1er maire-adjoint à la ville durable à la Ville de Blois
Nicolas Orgelet, en tant qu’ancien élu du Pays des Châteaux souligne que le PAT du Pays des Châteaux repose sur une démarche démocratique et participative, mettant en réseau agriculteurs, associations, acteurs sociaux, santé et environnement autour d’un système alimentaire résilient et local. Ses principales réussites concernent l’accompagnement des communes vers les objectifs EGalim pour leur restauration collective, la mise en réseau des cuisiniers et surtout l’accès à des produits frais et locaux pour l’aide alimentaire. Pour opérationnaliser un PAT, il faut surtout du temps, de l’ingénierie et de la stabilité, avec un rôle d’élu et de technicien comme facilitateurs de l’intelligence collective et des initiatives locales.
Olivia Boyon animatrice du Réseau régional des PAT Centre-Val-de-Loire confirme que les expériences du Pays des Châteaux sont représentatives de dynamiques présentes dans d’autres PAT de la région : gouvernance participative, implication des habitants, travail avec les élus et expérimentations. Le binôme élu-technicien est essentiel pour inscrire le PAT dans la durée, mobiliser les élus et créer une véritable communauté autour des enjeux alimentaires. Le réseau régional des PAT constitue un levier important pour rompre l’isolement, partager les bonnes pratiques, mutualiser les ressources et faciliter la mise en relation avec les acteurs et personnes ressources.
Clémence Rebourg, Chercheuse post-doctorante à INRAE Occitanie-Montpellier observe que le passage du diagnostic à l’action des PAT repose notamment sur la capacité à mobiliser des financements et à construire des partenariats avec les collectivités, acteurs locaux et échelons supérieurs. L’opérationnalisation demande beaucoup de temps pour identifier les acteurs moteurs, construire les partenariats et combiner différents dispositifs de financement, parfois au prix d’une forte complexité administrative. Les PAT avancent souvent en s’appuyant sur des projets structurants, capables de faire le lien entre plusieurs axes stratégiques et de créer progressivement une dynamique territoriale.

(de gauche à droite) Nicolas Orgelet, de la Ville de Blois et Olivia Boyon de réseau régional des PAT du Centre Val de Loire (InPACT)

Clémence Rebourg, de l’INRAE Occitanie-Montpellier
Place des Marchés
La place du marché est un espace de déambulation pour échanger bonnes pratiques et expériences. Des posters ont présentés par des porteurs d’initiatives opérationnelles de coopération territoriale, sélectionnés avec l’aide des réseaux régionaux des PAT.

Voici les différents posters qui ont été présentés :


ma cantine et France PAT avaient également leur stand sur la Place du Marché.
Le stand ma cantine
Alice Poggioli et Dorian Flipo étaient présents sur le stand ma cantine. L’occasion de répondre aux questions des animateurs et animatrices PAT et d’échanger sur les fonctionnalités et évolutions de la plateforme. Point clé : le lancement d’une enquête nationale en vue d’une expérimentation prochaine dédiée aux « petites structures ». Un grand merci aux PAT ayant relayé l’enquête au cours de l’été : près de 600 répondants ont partagé leurs avancées et leurs difficultés de terrain pour le suivi et l’atteinte des objectifs EGalim en restauration collective. Pour être tenus informés des prochaines informations clés sur les sujets Restauration collective, n’hésitez pas à vous inscrire dès maintenant à la lettre d’information mensuelle ma cantine.
le stand France PAT
Voir la brochure présentant le portail France PAT présentée sur le stand

Les dernières actualités du Réseau nationale des PAT


L’opérationnalisation de la SNANC
Atelier 1 – Accompagner le changement de comportements alimentaires : quelles approches possibles dans le cadre des PAT ?
Atelier proposé par SOLAGRO et animé par Julie Cazenave
Intervenants :
- Eloïse Descamps, Cheffe de projet alimentation durable, Association AFTERRES, ALTAA
- Lilian Vargas, Chef du Service Agriculture, Forêt, Biodiversité, Montagne, Grenoble Alpes Métropole
- Isabelle Terrasson, Responsable du Service Stratégie Agroécologique et Alimentaire, Montpellier Méditerranée Métropole
L’atelier consacré à l’évolution des comportements alimentaires a permis de rappeler le cadre commun sur le sujet, illustré par différents documents cadres nationaux : Programme National Nutrition Santé (PNNS), Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat (SNANC), loi EGalim.
L’approche par les environnements alimentaires, qui constitue la clé d’entrée de l’Alliance pour les Transitions Agricoles et Alimentaires (ALTAA), a été présentée, entant que cadre de réflexion permettant d’aborder l’ensemble des leviers mobilisables pour contribuer à accompagner le changement de comportements alimentaires. L’expérience de Montpellier Métropole a ensuite permis d’apprécier les pistes d’appropriation de ce type d’approches à l’échelle de territoire, de la définition d’orientations stratégies à la mise en œuvre d’actions concrètes (ici concernant les restaurateurs et les marchés de plein vent). Enfin, la démarche du PAiT de la grande région grenobloise a été présentée, de la définition d’objectifs chiffrés en matière de transition alimentaire à la mise en œuvre d’actions concrètes, démonstration d’un exemple inspirant de démarche collective territoriale au service du changement de comportements alimentaires.
Atelier 2 – Comment une collectivité peut lever les verrous économiques pour permettre l’accès à toutes et tous à des produits bio ?
Atelier proposé par le BASIC et animé par Maylis Labusquière.
Intervenants :
- Patricia Suard, Vice-Présidente déléguée à l’alimentation et à l’agriculture, Tours Métropole
- Frédéric Faure, Vice-Président de Biocoop et Président du Fonds de dotation de Biocoop
- Nastassja Kusz, Diététicienne – Conseillère technique Alimentation Durable chez Bio Centre
L’atelier a permis de mieux comprendre les verrous économiques qui expliquent le plafonnement des produits biologiques à environ 6 % des ventes alimentaires en France, loin des objectifs de la SNANC : modèle économique de la grande distribution qui dégage des bénéfices sur les produits bio pour compenser les faibles marges sur les produits plus impactants ; baisse des financements publics à la filière ; etc. Dans ce contexte la Métropole de Tours a partagé son expérience pour encourager l’offre de produits biologiques dans les magasins de proximité et chez les restaurateurs, grâce à une politique active de soutiens aux agriculteurs bio et une politique de prise de participation dans le marché de gros de la ville pour diversifier son offre. La Biocoop a rappelé que le premier levier des collectivités territoriales demeure la mise en œuvre des obligations d’EGAlim d’atteindre 20 % de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective publique, permettent de réorienter ainsi la production des filières agroalimentaires françaises vers des modèles moins impactant, plus intenses en emplois, non délocalisables et réancrés dans les territoires. En 2021, les collectivités territoriales ont financé environ 8,4 milliards de contribution publique aux repas pris à l’école et en Ehpad, un financement public presque équivalent à celui de la PAC. L’association de la filière biologique en région Centre a partagé les enseignements de son assistance technique auprès des collectivités pour sécuriser des débouchés aux filières agroalimentaires bio et locales : les petits producteurs locaux peuvent candidater quand les appels d’offre sont conçus pour les acteurs de la bio (alotissement) et que les regroupements des producteurs sont soutenus aux maillons agricoles et industriels, dans le cadre notamment des PAT.
Atelier 3 – De la restauration collective à la distribution : des solutions collectives contre le gaspillage alimentaire
Atelier proposé par Let’s Food et animé par Louison Lançon.
Intervenants :
- Paulo Serge Lopes, Chargé de mission alimentation, Métropole européenne de Lille
- Dominique Nicolas, Co-président du CREPAQ, animateur du réseau REGAL Nouvelle-Aquitaine
- Sabine Julien, Cheffe de projet Programme National pour l’Alimentation, DRAAF Normandie – pour le REGAL Normandie.

L’atelier a présenté des solutions concrètes pour réduire le gaspillage alimentaire dans la restauration collective et la distribution, en réponse aux objectifs de la loi AGEC. La Métropole européenne de Lille a partagé son retour d’expérience sur l’accompagnement d’une soixantaine de restaurants collectifs entre 2021 et 2026. Le REGAL Nouvelle-Aquitaine a présenté le fonctionnement des réseaux régionaux de lutte contre le gaspillage alimentaire, tout en soulignant la nécessité de mieux articuler les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) et les Programmes Locaux de Prévention des Déchets Ménagers et Assimilés (PLPDMA). Enfin, le REGAL Normandie a mis en avant plusieurs dispositifs opérationnels, tels que le défi Assiettes vides en restauration collective, l’accompagnement des commerces et restaurants vers le label Établissement labellisé anti-gaspillage alimentaire et les Trophées REGAL, qui valorisent les initiatives locales. L’ensemble des interventions a montré que la coopération entre collectivités, réseaux d’acteurs et professionnels constitue un levier essentiel pour inscrire durablement la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les territoires.
Atelier 4 – Vers une redéfinition des politiques d’accès à l’alimentation pour toutes et tous ? Du local au national, comment agir en complémentarité ?
Atelier proposé par Let’s Food et animé par Anna Faucher.
L’atelier a permis de croiser les regards d’acteurs nationaux et territoriaux sur l’évolution des politiques de lutte contre la précarité alimentaire. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer la complémentarité entre politiques nationales, initiatives locales et Projets Alimentaires Territoriaux (PAT).
Le programme « Mieux Manger Pour Tous » a notamment été présenté comme un levier pour améliorer la qualité de l’aide alimentaire et soutenir les dynamiques territoriales.
Les retours d’expérience ont souligné l’importance des coopérations entre collectivités, associations, producteurs, acteurs de la distribution et autres partenaires locaux. L’amélioration de la qualité nutritionnelle de l’aide alimentaire, notamment la place des fruits et légumes, apparaît comme un enjeu majeur à l’horizon 2030 porté par la SNANC. Les initiatives territoriales montrent des résultats encourageants, mais restent confrontées à des freins liés au financement, à la pérennisation des dispositifs et à la coordination entre acteurs. Les échanges ont également souligné l’intérêt de mieux articuler les expérimentations locales avec les politiques publiques nationales afin de favoriser leur changement d’échelle.
La question du droit à l’alimentation a constitué un fil rouge, invitant à dépasser une approche centrée uniquement sur l’aide alimentaire destinée aux personnes en situation de précarité notamment avec l’exemple structurant de Vitalim.
La sécurité sociale de l’alimentation a ainsi été évoquée comme une piste structurante, plus universelle, mais nécessitant des moyens importants et une évolution profonde des politiques agricoles, sociales, sanitaires, économiques et environnementales.
L’atelier a finalement confirmé l’importance de poursuivre les expérimentations, leur évaluation et le dialogue entre acteurs pour construire des politiques d’accès à une alimentation de qualité, durables et accessibles à toutes et tous.
Intervenants :
- Charlotte Frigout, Directrice adjointe d’Aux Goûts Du Jour
- Bérénice Blondel, Chargée de mission Direction générale de la cohésion sociale
- Romain Dhainaut, Chargé de mission Département Seine Saint Denis
Atelier 5 – Comment intégrer le concept une seule santé à la stratégie agricole et alimentaire de son territoire ?
Atelier proposé par le BASIC et SOLAGRO et animé par Léa Clément.
Intervenants :
- Antoine Gerbault, Chargé de mission Institut One Health
- Nicolas Le Brun, Chef de Projet Alimentaire Territorial Communauté d’Agglomération La Porte du Hainaut
- Jean-Luc Hallé, Vice-président transition agricole et alimentaire Douaisis Agglo

L’atelier a permis de mettre en lumière des actions concrètes pour intégrer le concept Une Seule Santé à sa stratégie alimentaire de territoire. Après un cadrage théorique où l’Institut One Helath a rappelé l’importance d’articuler santé humaine, santé animal et santé des écosystèmes dans des politiques publiques préventives, deux collectivités ont présenté les actions “Une Seule Santé” déployées dans leur PAT. Douaisis Agglomération prévoit un dispositif de rémunération aux agriculteur·ices sur condition d’engagement de déploiement de pratiques agricoles bénéfiques à la qualité de l’eau, de l’air, des sols et à la santé publique, basé sur le principe des PSE. Dans le cadre du dispositif “1 000 jours pour savourer la vie”, pour favoriser l’évolution des habitudes alimentaires vers une alimentation saine et durable, la Porte du Hainaut propose un parcours d’accompagnement aux femmes enceintes en situation de précarité. Elles participent à des ateliers “cuisine et santé” et reçoivent tout au long de l’accompagnement des paniers de légumes bio produits sur le territoire.
Les PAT, parce qu’ils permettent de faire le lien entre les différents services autour des questions d’agriculture et d’alimentation, ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de l’approche Une seule santé, où ces deux thématiques sont centrales. Même s’il semble que le sujet de la santé humaine fédère, les participant·es à l’atelier partagent leurs difficultés à élargir le champ d’actions aux autres santés (des animaux et des écosystèmes) ainsi que leurs difficultés à obtenir des financements pour ce type de projets dans le contexte économique actuel. Face à ce constat, il est essentiel de continuer à former les élu·es.
Atelier 6 – Comment les PAT peuvent-ils agir sur le foncier agricole ?
Atelier proposé par Terres en villes et animé par Paul Mazerand :
Intervenants :
- Noémie Pétrelle, Chargée d’étude, Terres en villes
- François Barrault, Chef du service Ecologie/Climat, Métropole de Tours
- Yohann Quintin, Directeur du Service Etudes & Développement, SAFER Centre
- Louis Di Bartolo, Chargé de projets foncier, Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire
- Claire Morel, Chargée de mission Développement de l’Agriculture, Communauté d’Agglomération de Béthune-Bruay Artois Lys Romane (CABBALR)
L’atelier montre que le foncier agricole est un enjeu central des PAT, mais encore insuffisamment intégré aux politiques alimentaires territoriales. La préservation des terres agricoles est indispensable à la souveraineté alimentaire, à l’installation des agriculteurs et au renouvellement des générations. Le foncier agricole peut être considéré comme le socle silencieux de la SNANC. Les collectivités disposent de plusieurs leviers pour agir sur le foncier agricole : veille foncière, préemption, acquisition, baux ruraux environnementaux, zonages de protection et documents d’urbanisme.
À Tours Métropole, la forte artificialisation a conduit à faire de la maîtrise du foncier agricole un axe majeur du PAT, avec l’appui de la SAFER. Les acquisitions foncières, les baux ruraux environnementaux et les équipements agricoles ont permis l’installation de 8 à 9 exploitations, soit environ 15 emplois. L’exemple de la commune de Fondette montre qu’une ZAP peut protéger durablement les terres agricoles, mais nécessite un diagnostic approfondi, une concertation locale et une forte volonté politique. L’expérience plus rurale du Pays des Châteaux souligne l’intérêt d’une démarche partenariale et participative pour identifier les friches et mettre en relation propriétaires, collectivités et porteurs de projets. La SAFER du Centre et la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, dans ces expériences ont joué un rôle essentiel d’expertise, d’accompagnement et d’ingénierie foncière, adapté aux besoins de chaque territoire.
Pour la Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay-Artois-Lys-Romane, la stratégie foncière est un axe important du PAT et vise à relocaliser l’alimentation tout en protégeant la ressource en eau, avec 36 champs captants et l’alimentation en eau potable de 4 territoires voisins.
Le foncier doit être articulé avec d’autres politiques publiques, notamment l’eau, la biodiversité, le paysage, l’urbanisme et le climat, plutôt que traité séparément. En conclusion, on souligne la nécessité d’une stratégie foncière territoriale construite dans la durée, fondée sur la volonté politique, la coopération entre acteurs et une ingénierie technique et financière adaptée.
Table ronde : La restauration scolaire, vecteur d’accélération des démarches agricoles, alimentaires et de santé

Intervenants
- Véronique Vela Rodriguez, Adjointe chef de bureau Politique de l’alimentation, MAASA – DGAL – BPAL
- Maxime Cordier, Président d’AGORES
- Alice Wanneroy, conseillère municipale déléguée à l’alimentation à Tours
Les retours d’expérience en gestion directe de la Ville de Fontenay-sous-Bois et de la Ville de Tours permettent d’affirmer que la transition vers une alimentation durable en restauration scolaire est possible sans hausse immédiate des coûts grâce à une approche globale et organisée.
Les témoignages ont confirmé 3 leviers importants pour réduire les coûts tout en améliorant la qualité :
- La réduction du gaspillage alimentaire
- Le recours à des produits bruts et à la cuisine faite maison
- La diversification des protéines, avec davantage de légumineuses et de céréales
Ils coïncident néanmoins sur le fait que pour atteindre un haut niveau de qualité la restauration collective nécessite, des choix politiques incluant des moyens financiers supplémentaires : les investissements dans les cuisines centrales, les équipements, les équipes et le réemploi renforcent la performance et la cohérence du service. La restauration scolaire doit néanmoins être évaluée selon son coût complet, et non selon le seul prix des denrées alimentaires.
Pour permettre une bonne accessibilité sociale de la restauration scolaire les collectivités choisissent à 70% une tarification progressive, voire la gratuité pour les familles les plus modestes.
Les projets alimentaires territoriaux facilitent la coopération entre collectivités, producteurs, acteurs sociaux et filières locales.
Le Conseil national de la restauration collective a conçu différents outils et guides à destination des gestionnaires de restauration collective. La plateforme ma cantine, en plus de permettre la télédéclaration et le suivi de indicateurs d’atteinte des objectifs EGalim met à disposition de très nombreux outils. Enfin, la loi d’urgence agricole a priori va changer un certain nombre de choses en introduisant le sujet de la préférence européenne dans les approvisionnements de la restauration collective publique.
Clôture
Voir la vidéo d’enregistrement (cf plus haut) directement à la clôture
Intervenants :
- Nathalie Corade, Maître de conférences à Bordeaux Sciences Agro, grand témoin
- Véronique Vela Rodriguez, Adjointe chef de bureau Politique de l’alimentation, MAASA – DGAL – BPAL
Nathalie Corade est revenue sur les principaux enseignements et pistes de réflexions qu’elle retient de la journée sous la forme de quatre mots clé, l’opérationnalisation, l’évaluation, les financements et la coopération.
- Le premier est en réaction avec le thème de la journée. Elle questionne la perception de l’opérationnalité des PAT car le passage à l’action reste indissociable de la capacité à faire coopérer durablement les acteurs d’un même territoire, ce qui est au cœur des PAT.
- L’évaluation est essentielle pour mesurer les effets des PAT, mais ne doit pas se limiter à des indicateurs quantitatifs : elle doit aussi rendre compte des transformations et des dynamiques de transition des territoires.
- Enfin, elle relie les deux derniers mots, financements et coopération : en évoquant les importantes coopérations nécessaires et le partage des responsabilités, entre Etat et collectivités et les moyens mis en place par les 2 échelles quand on considère le dispositif PAT d’un côté comme le bras armé de la politique alimentaire nationale et de l’autre comme un outil de développement territorial. Elle souligne l’importance des coopérations à toutes les échelles.
Elle clôture le Carrefour des PAT 2026 avec une citation de Paul Émile Victor : “La seule chose qu’on est sûr de ne pas réussir est celle qu’on ne tente pas”, une phrase qui renvoie à l’observation de projets alimentaires qui tentent, ce qui constitue déjà une belle réussite !
Un questionnaire de satisfaction a été envoyé à l’ensemble des participants (en présentiel). Le consortium d’animation du Réseau national des PAT remercie les personnes nous ayant fait un retour. Tous les avis seront pris en compte pour l’organisation des prochains évènements.
Si vous n’avez pas encore répondu au questionnaire et souhaitez le faire, voici le lien.
Vous trouverez ici une impression de l’analyse globale des réponses au questionnaire.


